Le syndrome anniversaire : quand les dates se souviennent à notre place

Rédigé le 21/10/2025
Stéphanie MOROY-CARRILLO


Chaque année, autour de la même période, quelque chose se passe.
Un coup de fatigue, un conflit, une perte, un accident, une rencontre.
Certains parlent de “cycles”, d’autres de “coïncidences”…
Mais en psychogénéalogie, on parle du syndrome anniversaire :
la mémoire familiale qui s’exprime à travers les dates.


🔍 Ce qui se joue en profondeur

Notre inconscient est relié à celui du clan.
Et le clan, lui, se souvient — surtout des drames non digérés :
un décès, une fausse couche, une trahison, un départ brutal, un mariage brisé.

Ces événements, vécus avec une émotion intense et non résolue,
laissent une empreinte dans l’inconscient familial.
Cette mémoire circule comme une onde, et cherche à se rejouer.

Ainsi, un descendant peut vivre un choc, une rupture ou une crise
à la même période qu’un ancêtre —
par fidélité invisible, par tentative de réparation.

“Ce qui n’a pas été compris dans le passé,
cherche à être rejoué dans le présent,
jusqu’à ce qu’il soit enfin reconnu.”


🧬 Les formes du syndrome anniversaire

Le syndrome anniversaire se manifeste de plusieurs manières :

  • 🔸 dates de naissance identiques ou proches d’un décès, d’une séparation, d’un drame,

  • 🔸 mêmes âges où se produisent les mêmes événements : “à 40 ans, j’ai divorcé comme ma mère”,

  • 🔸 mêmes mois où tout semble se dérégler : fatigue, tension, émotions amplifiées,

  • 🔸 ou encore des périodes d’angoisse inexpliquées autour d’une date précise sans souvenir conscient.

L’inconscient ne parle pas en mots… mais en symboles, en temps, en cycles.


💠 Exemple concret

Prenons Élise, 36 ans.
Chaque automne, elle se sent triste sans raison.
En retraçant son arbre, elle découvre que son grand-père est décédé un 17 octobre,
le jour de ses 36 ans à elle.
Il était le pilier de la famille, parti subitement.
Depuis, chaque automne, la lignée “se souvient” du manque,
et son corps le revit à travers elle.

Quand Élise met du sens sur cette date, la mélancolie s’apaise.
Elle allume une bougie le 17 octobre, remercie son grand-père,
et choisit de vivre cette journée comme une célébration de la vie.


💫 La clé de libération

Reconnaître le syndrome anniversaire,
c’est sortir du destin répétitif pour revenir à la conscience.

La première étape consiste à observer les dates récurrentes :

  • périodes de stress,

  • anniversaires marquants,

  • âges symboliques (décès, accidents, mariages, séparations).

Puis, à s’interroger :

“Que s’est-il passé dans ma famille autour de cette date ou de cet âge ?”
“À qui ou à quoi cela pourrait-il faire écho ?”

La mise en lumière suffit souvent à interrompre le cycle.
Car l’inconscient familial n’a qu’un but : être reconnu.


🌱 Acte symbolique proposé

Notez les dates clés de votre vie : naissances, deuils, séparations, déménagements.
Puis, reliez-les à celles de vos parents et grands-parents.
S’il y a des correspondances, prenez un moment pour honorer la mémoire concernée.

“Je te vois.
Je reconnais ton histoire.
Je vis désormais en conscience, pas en répétition.”

Cet acte simple libère la mémoire du temps,
et permet à la vie de circuler à nouveau sans tension.


✨ Et vous ?

Y a-t-il une période de l’année où vous vous sentez plus fragile, plus nerveux ou mélancolique ?
Avez-vous remarqué des dates récurrentes dans votre histoire familiale ?
Et si ces cycles n’étaient pas un hasard… mais une mémoire du cœur qui cherche à être entendue ?