C’est l’histoire de Julien, celui qui a peur de s’engager

Rédigé le 19/10/2025
Stéphanie MOROY-CARRILLO


C’est l’histoire de Julien.
Il rencontre, il s’attache, il s’enflamme.
Au début, il est tout feu tout flamme : attentionné, présent, passionné.
Puis, sans prévenir, il s’éloigne.
Un message de moins, un silence de plus.
Et soudain, il n’est plus là.
Pas par désintérêt, mais parce qu’à l’intérieur, quelque chose panique.

Quand l’autre s’approche trop, Julien sent un vertige, un danger.
Il dit souvent :

“Je ne veux pas blesser, alors je préfère partir.”

Mais ce qu’il fuit vraiment, ce n’est pas l’amour —
c’est la douleur qu’il associe à l’amour.


🔍 Ce qui se joue en profondeur

La peur de l’engagement n’est pas une peur de l’autre :
c’est une peur de reproduire.
Dans la lignée de Julien, les histoires d’amour ont souvent mal fini.
Des divorces, des abandons, des trahisons, des non-dits.
Des femmes blessées, des hommes coupables, des silences lourds autour du mot “couple”.

Souvent, un ancêtre a aimé intensément… et tout perdu.
L’inconscient de la lignée a alors gravé ce message :

“Aimer, c’est souffrir. Mieux vaut partir avant que tout s’effondre.”

Julien n’en a pas conscience, mais il porte cette mémoire d’amour dangereux.
Alors il choisit inconsciemment la distance,
pour protéger ce qu’il croit menacer.


🧬 Les héritages invisibles

Chez ces hommes, on retrouve souvent :

  • des séparations traumatiques dans les générations précédentes,

  • des mères abandonnées, des pères infidèles ou disparus,

  • des secrets autour d’amours impossibles (adultères, enfants cachés, unions interdites).

Leur inconscient associe l’attachement à la perte,
et le lien à la blessure.

Julien ne fuit pas les femmes :
il fuit la souffrance qu’il redoute de leur infliger.
C’est une forme d’amour retenu — un amour resté au bord du cœur.


💠 Le couple, miroir de la mémoire

Chaque relation réactive la mémoire familiale :
quand sa compagne s’ouvre, Julien ressent la peur de celui qui, autrefois, a tout perdu.
Il rejoue, sans le savoir, la scène d’un aïeul disparu trop tôt ou d’un amour interdit.
Son évitement devient une fidélité — un “je ne referai pas la même erreur”.

Mais à force de fuir la douleur, il fuit aussi la joie.
Et c’est là que commence le vrai travail : comprendre, réparer, s’autoriser à aimer autrement.


💫 La clé de libération

La psychogénéalogie invite à reconnaître la mémoire amoureuse de la lignée.
Quand Julien découvre que sa peur vient d’une loyauté,
il peut dire intérieurement :

“Je te rends ton histoire,
et je choisis d’aimer sans peur de perdre.”

Cet acte symbolique ouvre un espace nouveau :
celui où l’amour n’est plus un champ de bataille,
mais un lieu de croissance mutuelle.


🌱 Posture de guérison

Guérir, pour lui, c’est oser rester.
C’est accueillir le vertige du lien sans fuir,
comprendre que la sécurité ne viendra pas d’un autre,
mais de l’apaisement intérieur.

Quand il apprend à rester présent même dans la peur,
Julien découvre que l’amour vrai ne détruit pas : il répare.


✨ Et vous ?

Vous arrive-t-il de fuir quand la relation devient sérieuse ?
De craindre d’aimer “trop”, de peur de souffrir ?
Et si votre cœur portait simplement la mémoire d’un amour ancien
qui n’avait pas pu se vivre jusqu’au bout ?