C’est l’histoire de celle qui porte tout… et qui ne s’autorise jamais à tomber

Rédigé le 19/10/2025
Stéphanie MOROY-CARRILLO


C’est l’histoire d’Élise.
Depuis qu’elle est petite, on lui dit qu’elle est forte.
Elle aide, soutient, rassure.
Elle devine les besoins avant qu’on les exprime.
Dans sa famille, elle est celle qui “tient”.
Celle qu’on appelle quand il faut gérer, consoler, organiser, sauver.
Élise a grandi avec cette idée qu’aimer, c’est porter.

Mais parfois, le soir, elle s’effondre seule.
En silence.
Parce qu’elle ne sait pas comment demander de l’aide.
Parce qu’elle croit que tomber, c’est décevoir.


🔍 Ce qui se joue en profondeur

Ce schéma est fréquent dans les lignées où les femmes ont dû “tenir bon” pour survivre.
Mères seules, veuves, épouses de guerre, femmes de devoir…
Elles ont transmis, sans le vouloir, le message :

“Chez nous, les femmes sont fortes. On n’a pas le droit de flancher.”

Ce qui était une force de survie devient parfois un fardeau émotionnel.
Ces femmes, comme Élise, portent non seulement leur vie…
mais aussi les douleurs, les peurs et les responsabilités de celles d’avant.


🧬 La mémoire du corps

Le corps finit souvent par parler à leur place :

  • tensions aux épaules (“je porte trop”),

  • douleurs dorsales (“je soutiens tout le monde”),

  • gorge nouée (“je n’ai pas le droit de dire que je suis fatiguée”),

  • fatigue chronique, thyroïde, ou prise de poids de protection.

Ce sont les signaux d’un corps loyal, fidèle à son histoire familiale.
Un corps qui répète : “Je tiendrai, quoi qu’il en coûte.”


💠 La clé de libération

Le travail de psychogénéalogie permet à ces femmes de reconnaître ce qu’elles portent.
Quand elles posent enfin ce sac invisible, elles découvrent une chose :
la vraie force n’est pas de tout porter…
mais de s’autoriser à poser, à respirer, à recevoir.

Rendre à la vie ce qui appartient à la vie,
ce n’est pas trahir sa lignée — c’est lui rendre hommage.
Car chaque fois qu’une femme s’autorise la douceur,
elle libère celles qui n’ont jamais pu la vivre.


🌱 Posture de guérison

Guérir, c’est accepter de dire :

“Je suis fatiguée.”
“J’ai besoin d’aide.”
“Je ne veux plus tout porter seule.”

C’est oser exister autrement que par le service ou la perfection.
C’est honorer la lignée en choisissant la paix plutôt que le devoir.


✨ Et vous ?

Vous arrive-t-il de tout porter, pour tout le monde ?
De ne pas savoir dire non, ou de vous excuser d’être fatiguée ?
Et si votre force n’était pas dans le fait de tenir…
mais dans celui de vous autoriser à tomber, parfois, pour mieux vous relever ?