C’est l’histoire de Thomas, celui qui n’a jamais vraiment eu de père

Rédigé le 20/10/2025
Stéphanie MOROY-CARRILLO


C’est l’histoire de Thomas.
Il n’a jamais vraiment connu son père.
Un homme discret, souvent en déplacement, parfois violent, ou simplement… ailleurs.
Sa mère, douce mais fatiguée, disait souvent :

“Ton père t’aime, mais il ne sait pas comment le montrer.”

Alors Thomas a appris à se débrouiller seul.
Pas de modèle, pas de repère, juste ce vide.
Un père absent, une figure floue, un nom sans présence.
Et dans ce silence, une question qui ne l’a jamais quitté :

“Comment être un homme quand on n’en a jamais eu un en face de soi ?”


🔍 Ce qui se joue en profondeur

Le vide paternel n’est pas seulement une absence physique —
c’est souvent une blessure de filiation transmise de génération en génération.
Un père absent… parce que lui-même n’a jamais eu de modèle.
Un grand-père parti à la guerre, un autre mort jeune, ou un secret sur une paternité cachée.

La psychogénéalogie montre que ces lignées d’hommes en rupture avec la figure paternelle
créent des descendants en quête de direction,
qui cherchent sans cesse un “guide” ou une validation extérieure.

“Regarde-moi, dis-moi si je fais bien.”
“Dis-moi que je suis quelqu’un de bien.”

Ces phrases silencieuses continuent de vivre dans leurs choix de vie, leurs relations, leurs doutes.


🧬 Les empreintes de la filiation manquante

Quand le père est absent ou symboliquement effacé,
l’enfant construit sa valeur en réaction :

  • soit il devient hyper-performant (pour être reconnu),

  • soit éternel adolescent, en attente d’un repère qu’il ne trouve pas,

  • soit il se coupe de ses émotions pour ne plus ressentir le manque.

Dans le couple, Thomas aime profondément, mais reste souvent distant.
Il ne sait pas comment se positionner :
ni vraiment pilier, ni vraiment vulnérable.
Toujours entre deux, comme s’il attendait encore l’autorisation d’exister en homme.


💠 L’héritage du nom et du non-dit

Dans de nombreuses lignées, le nom du père porte une charge symbolique :
père absent, double nom, adoption, père biologique caché…
Chaque flou dans la filiation crée une faille identitaire.
L’enfant devient le gardien inconscient du secret ou du manque.

Dans la lignée de Thomas, personne n’a dit la colère.
Alors elle est devenue fatigue, blocage, honte de ne pas savoir être un “vrai homme”.


💫 La clé de libération

Guérir, ce n’est pas accuser — c’est rétablir le lien manquant.
La psychogénéalogie permet à l’homme de nommer le père, même symboliquement.
De reconnaître son existence, qu’elle ait été lumineuse ou douloureuse.

“Je te vois, même si tu n’étais pas là.
Je reconnais ta place, et je reprends la mienne.”

Cet acte intérieur recrée la racine.
L’énergie masculine peut alors se rétablir — non plus dans le manque, mais dans l’alignement.


🌱 Posture de guérison

Pour Thomas, guérir signifie se devenir père de soi-même.
Apprendre à se guider, à se valider, à se donner ce regard d’amour qu’il attendait.
C’est choisir de cesser de chercher un modèle pour en devenir un.

Quand il dit enfin “je suis là pour moi”,
le vide se transforme en ancrage.
Et dans son regard, le fils et le père se réconcilient.


✨ Et vous ?

Avez-vous grandi avec un père absent, flou, distant ?
Cherchez-vous encore son regard à travers vos relations, vos réussites, vos doutes ?
Et si, aujourd’hui, vous pouviez redevenir votre propre repère ?